Avant tout, il faut comprendre ce que l'on entend par "ultra-riche". Personne n'a des millions, et encore moins des milliards d'euros, qui dorment sur un compte bancaire. Personne n'est millionnaire ou milliardaire de cette façon (et celui qui laisse des millions stagner ainsi commet une grave erreur financière).
Les "ultra-riches" comme Bernard Arnault ou Vincent Bolloré détiennent des actions dans des sociétés. On estime leur richesse simplement en capitalisant la valeur de ces actions à un moment donné (dans les faits, c'est un peu plus complexe car cela passe par des holdings, mais restons simples).
Ces actions représentent la valeur d'un outil de travail (LVMH, Canal+...) qui emploie des milliers de salariés et génère de la richesse en payant des salaires et des impôts. Si un ultra-riche décidait de vendre l'ensemble de ses actions d'un coup, le cours s'effondrerait et sa fortune fondrait comme neige au soleil. Les riches sont riches parce qu'ils possèdent un capital qui travaille. En soi, c'est une richesse illiquide : ils ne peuvent pas la dépenser massivement au risque de détruire leur propre fortune.
Alors, on pourrait redistribuer ces actions aux salariés ? D'abord, cela se fait déjà : les salariés des grands groupes sont souvent actionnaires de leur employeur avec des conditions très avantageuses. Mais surtout, c'est une fausse bonne idée, car le revenu du capital sert à rémunérer le risque pris par l'investisseur. Sans investisseur pour supporter ce risque, il n'y a plus de capital, plus d'outil de travail, plus de salariés, et donc plus de création de richesse.
Enfin, il reste un problème de taille : la France s'inscrit dans une économie mondiale ouverte. Si les règles deviennent trop hostiles, les capitaux et les entrepreneurs s'en iraient tout simplement s'installer ailleurs, dans des pays plus accueillants qui leur ouvriraient les bras (et ce ne sont pas les options qui manquent).
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