Accéder au contenu principal

Taxer les riches

 


Je ne maîtrise pas le concept théorique du "ruissellement", mais j'ai une vision claire du dynamisme économique : une économie saine repose sur des disparités sociales qui, loin d'être un frein, en sont le moteur indispensable.

Taxer massivement les entrepreneurs et les investisseurs – qui détiennent la majeure partie de l'outil de production – revient indirectement à pénaliser l'appareil productif lui-même, au détriment direct des salariés. D'une part, les capitaux sont mobiles : si la fiscalité devient confiscatoire, ces acteurs investiront et créeront des emplois ailleurs qu'en France. D'autre part, même ceux qui choisissent de rester se voient privés d'une part de leur capacité d'autofinancement, ce qui freine l'innovation et les embauches.

Une erreur courante consiste à percevoir la richesse comme un gâteau figé dont les parts des uns réduiraient mécaniquement celles des autres. C'est une vision erronée. La richesse n'est pas une quantité fixe, elle se crée par la synergie de trois piliers : la prise de risque financière (l'investisseur), la vision (l'entrepreneur) et l'exécution (le travailleur). Certes, le capital est accessible à tous – un salarié peut tout à fait investir à son échelle dans le tissu économique – mais la conduite de grands projets industriels exige des capitaux d'envergure, et donc de grands investisseurs. Quant à l'entrepreneuriat, il requiert un talent rare et une expertise qui se rémunèrent légitimement au prix fort. Les difficultés récentes de la reprise de Duralex rappellent d'ailleurs que la gestion d'une entreprise ne s'improvise pas et dépasse le seul savoir-faire ouvrier.

En réalité, le potentiel de création de richesse est virtuellement infini, limité uniquement par les ressources disponibles. Plus l'interaction entre investisseurs, entrepreneurs et salariés est fluide et incitative, plus la production de valeur est forte, et plus l'ensemble des strates sociales en bénéficie.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

L'illusion constitutionnelle : Chronique d'un coup d'État feutré

« Toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution. » Cet article 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 résonne aujourd'hui comme une condamnation à mort de nos institutions. Le principe théorique est pourtant d'une simplicité enfantine, pensé pour compartimenter le pouvoir en trois branches distinctes : Le législatif écrit les lois. L'exécutif exécute les lois. Le judiciaire sanctionne leur non-respect. Dans l'esprit de la caste qui nous dirige, la règle du jeu est limpide : chacun chez soi, et les moutons — comprenez : le peuple, cette masse jugée incapable de s'auto-gouverner — seront bien gardés. Pourtant, que ce soit à l'échelle française ou européenne, ce garde-fou démocratique est purement et simplement bafoué. Une justice sous tutelle et un Parlement de façade Le premier hold-up concerne l'autorité judiciaire. Dans notre ...

Sieste d'équilibriste

Nankin, Chine 2008  

Dans le hall de l'hotel

  Pékin, Chine 2006