Je ne maîtrise pas le concept théorique du "ruissellement", mais j'ai une vision claire du dynamisme économique : une économie saine repose sur des disparités sociales qui, loin d'être un frein, en sont le moteur indispensable.
Taxer massivement les entrepreneurs et les investisseurs – qui détiennent la majeure partie de l'outil de production – revient indirectement à pénaliser l'appareil productif lui-même, au détriment direct des salariés. D'une part, les capitaux sont mobiles : si la fiscalité devient confiscatoire, ces acteurs investiront et créeront des emplois ailleurs qu'en France. D'autre part, même ceux qui choisissent de rester se voient privés d'une part de leur capacité d'autofinancement, ce qui freine l'innovation et les embauches.
Une erreur courante consiste à percevoir la richesse comme un gâteau figé dont les parts des uns réduiraient mécaniquement celles des autres. C'est une vision erronée. La richesse n'est pas une quantité fixe, elle se crée par la synergie de trois piliers : la prise de risque financière (l'investisseur), la vision (l'entrepreneur) et l'exécution (le travailleur). Certes, le capital est accessible à tous – un salarié peut tout à fait investir à son échelle dans le tissu économique – mais la conduite de grands projets industriels exige des capitaux d'envergure, et donc de grands investisseurs. Quant à l'entrepreneuriat, il requiert un talent rare et une expertise qui se rémunèrent légitimement au prix fort. Les difficultés récentes de la reprise de Duralex rappellent d'ailleurs que la gestion d'une entreprise ne s'improvise pas et dépasse le seul savoir-faire ouvrier.
En réalité, le potentiel de création de richesse est virtuellement infini, limité uniquement par les ressources disponibles. Plus l'interaction entre investisseurs, entrepreneurs et salariés est fluide et incitative, plus la production de valeur est forte, et plus l'ensemble des strates sociales en bénéficie.
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